Eglise de Monswiller
Avant l’arrivée de l’industriel protestant Gustave Goldenberg, Monswiller était un village catholique.
Il n’y avait pratiquement aucun protestant. Goldenberg s’est installé au Zornhoff en 1837.
En 1847 fut construit un oratoire dans la rue du Zornhoff pour les protestants de Monswiller et de Saverne(photon°1).
En 1857 création de la paroisse de Saverne/Monswiller.
Cet oratoire, devenu rapidement trop petit, sera détruit en 1901.
Et en 1879, Goldenberg a offert un terrain pour construire l’église actuelle (photo n°2) de style néo-roman justifié par la forme en plein-cintre des fenêtres, fenêtres géminées qui rappellent la forme des Tables de la Loi, des frises lombardes, ici à haut rectangulaire plutôt qu'arrondi.
En 1878, la population protestante de Monswiller atteint 700 habitants.
Le Kaiser Guillaume 1er donna son accord pour l’érection d’une église de la confession d’Augsbourg. On peut toujours voir deux dédicaces au fond de l’église : sur l’une d’entre-elles, l’empereur autorise la construction de cette église et sur l’autre, les remerciements des paroissiens de Monswiller (photo n°3).
Le 19 janvier 1879, l’église luthérienne de Monswiller est inaugurée.
Le 2 février 1879, le conseil presbytéral est élu et décide que les cultes se tiendraient à 9h30 (ce qui est toujours le cas).
En 1880, le pasteur Georg MARTZOLF s’installe dans le presbytère construit 20 rue de la girafe (Le presbytère s’y trouve toujours aujourd’hui). Auparavant, le pasteur logeait dans les locaux de l’usine Goldenberg (photo n°4).
Les Orgues : Elles sont construites en 1893 par la manufacture d’orgue Dalstein-Haerpfer à Boulay en Moselle. Réparées en 1925 par Schwenkedel et transformées en 1956 par Muhleisen (photo n°5)
Des fenêtres avec des motifs inspirés de l’art nouveau ont été signées par Bianzano de Strasbourg (photo n°6).
Les fenêtres ont une forme en plein- cintre, elles sont géminées rappelant la forme des tables de la loi.
L’entreprise BIANZANO, mentionnée à Strasbourg en 1879, ap-paraît dans plusieurs sources historiques comme une société spécialisée dans la fabrication de mosaïques et de carrelages. Elle est notamment citée sous le nom de "Bianzano Frères", ac-tive à la fin du XIXe siècle à Strasbourg, alors sous administration allemande après l’annexion de l’Alsace-Lorraine en 1871.
Leur savoir-faire était reconnu pour la qualité et l’originalité des motifs, souvent inspirés de l’Art nouveau, un style en vogue à cette époque.
En 1879, BIANZANO était déjà bien implantée à Strasbourg, fournissant des matériaux pour des projets architecturaux impor-tants. Des archives et catalogues anciens mentionnent la société comme l’un des principaux acteurs du secteur dans la région, avec une clientèle composée d’architectes, de décorateurs et d’institutions publiques.
Le magnifique vitrail au-dessus de la chaire et représentant le Christ attire notre regard dès que nous entrons à l’église (photo n°7).
Nous ne savons pas si l’entreprise Bianzano a également réalisé ce vitrail. Il n’est pas signé. Dans les archives de la paroisse, Goldenberg avait fait appel à Engelmann pour des vitraux et des fenêtres mais il est écrit : « Comme vous ne retrouvez pas les croquis numérotés des fenêtres nous risquons d’être embarrassés pour la pose, auriez- vous l’obligeance, pour éviter tout retard de nous retrouver ces croquis »
Donc nous n’avons pas de réponse confirmée.
Les vitraux Engelmann désignent des vitraux peints ou imitations de vitraux réalisés par la famille Engelmann à Paris au 19e siècle, utilisant la chromolithographie et la diaphanie, une technique d'impression sur papier transparent collé sur verre. Cette innovation a permis de démocratiser l'accès à des ornements de vitraux d'église à moindre coût, tout en conservant une qualité esthétique remarquable. Les Engelmann ont ainsi marqué l'histoire de l'impression artistique et des arts décoratifs liés au vitrail à Paris.
Goldenberg a également demandé les prix des vitraux à la Maison Champigneulle de Bar-Le-Duc mais aucune facture ne confirme la commande.
La Maison Champigneulle était une entreprise familiale de maîtres verriers de Metz.
En 1872, à la suite de l’annexion, Charles-François Champigneulle décide de transférer ses ateliers à Bar-Le-Duc, afin de maintenir l’entreprise en territoire français. L’entreprise réalise de nombreux vitraux pour les églises et devient une référence dans le domaine du vitrail au 19ème siècle.
L’horloge a été commandée chez Ungerer de Strasbourg pour un montant de 1322 francs en 1878 (photo n°8).
Une bible sculptée en pierre se trouve au-dessus de la porte d’entrée. On peut y lire : « Selig sind die Gottes Wort hören und bewahren » (Bienheureux ceux qui écoutent et respectent la parole de Dieu). Elle a été commandée chez M DOCK sculpteur de Strasbourg (photo n°9).
Une rosace en pierre au-dessus de cette bible décore également la façade (photo n°10).
Un autel en pierre blanche provient de Léopold MERTH de BÜST (photo n° 11).
Beaucoup d’autres réalisations en pierre (escalier de la sacristie, sol autour de l’autel … ont été commandées chez MERTH à BÜST.
Les cloches d’origine ont été fondées par Louis EDEL de Strasbourg en 1878 mais ont été remplacées depuis.
Le lutrin a été offert par le consistoire de REMSCHEID-LENNEP, d’où était originaire Gustave Goldenberg, pour le centenaire de la paroisse. On peut lire : « Zur hundert Jahrfeir der Gemeinde durch den ev. Kirchenkreis REMSCHEID-LENNEP gestiftet » (photo n° 12).
Une croix qui date de l’origine de l’église mais que nous avons fait nettoyer fait partie des objets du culte sur notre autel (photo n°13).